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Doit-on avoir peur des nouvelles maladies ?

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SRAS, grippe aviaire, chikungunya? De nouvelles maladies font régulièrement les gros titres des journaux. Qu'il s'agisse de maladies qui émergent, s'étendent ou réapparaissent, il est intéressant de les comprendre et de savoir s'en préserver lorsque l'on voyage.

  

Le SRAS

Le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) est une infection pulmonaire grave qui peut évoluer vers une insuffisance respiratoire parfois fatale. Cette infection est due à un virus qui est transmis par les personnes infectées lorsqu'elles toussent, éternuent ou parlent. Ses premiers symptômes ressemblent à ceux d'une grippe : fièvre, toux, courbatures, etc. Il n'existe pas de traitement spécifique, le seul traitement consiste à soulager les symptômes. Un vaccin est actuellement à l'étude mais il ne devrait pas être disponible avant plusieurs années.

Selon l'OMS, la première épidémie de SRAS, apparue fin 2002 au sud de la Chine, aurait touché 8 445 personnes à travers le monde et fait 812 morts. Les mesures d'isolement et de protection (le port du masque, par exemple) ont permis de mettre fin à cette épidémie et seuls quelques cas isolés sont observés aujourd'hui en Asie.

La grippe aviaire

La grippe aviaire est une infection virale qui peut toucher certaines espèces d'oiseaux sauvages ou domestiques. Elle est fortement contagieuse chez les poulets et les dindes et fait des ravages en se propageant d'un élevage à un autre.

Comme le virus de la grippe humaine (ces virus sont de la même famille), celui de la grippe aviaire mute régulièrement et engendre ainsi des souches plus ou moins virulentes. La souche H5N1, responsable de l'épidémie actuelle, a fait son apparition à Hong-Kong en 1997. Elle peut infecter certains mammifères comme le porc ou, exceptionnellement l'homme, en cas de contacts étroits, prolongés et répétés avec des animaux malades ou morts, ou avec leurs déjections. Les personnes les plus exposées sont les professionnels de l'élevage qui travaillent dans une zone contaminée. Le risque reste très limité pour les voyageurs dans la mesure où ils n'entrent pas en contact avec ces animaux. Chez l'homme, les symptômes sont semblables à ceux de la grippe humaine mais le risque de complications est élevé : troubles respiratoires sévères, voire fatals. Le traitement vise avant tout à soulager les symptômes, même si certains antiviraux peuvent également être utilisés.

La souche H5N1 n'a pas entraîné jusqu'à présent d'épidémie humaine (même si la transmission d'homme à homme semble possible). Si elle accumulait suffisamment de mutations pour devenir aisément transmissible d'homme à homme, elle pourrait être à l'origine d'une grave épidémie à travers le monde, ce qui explique les mesures adoptées par de nombreux gouvernements.

La grippe A(H1N1)

La grippe A(H1N1) est une nouvelle forme de grippe humaine de type A. Parmi les Influenza virus de type A, il existe de nombreux sous-types. Le virus de la grippe aviaire (voir ci-dessus) est de sous-type H5N1. Le virus de cette nouvelle forme de grippe est de sous-type H1N1.

Les symptômes de la grippe A(H1N1) sont identiques à ceux de la grippe saisonnière : fièvre, courbatures, toux, fatigue, mal de gorge, écoulement nasal, éventuellement nausées, vomissements ou diarrhée. Depuis le début de cette pandémie, 99 % des cas confirmés ont présenté des symptômes modérés et leur vie n'a pas été en danger. La grippe A(H1N1), comme toutes les grippes, peut être grave voire mortelle chez des personnes qui sont affaiblies par d'autres maladies (en particulier, respiratoires) ou par le grand âge. Mais cette nouvelle forme de grippe semble moins dangereuse que la grippe hivernale.

Prédire l'évolution de cette épidémie de grippe A(H1N1) est difficile. Ce nouveau sous-type de virus peut muter en passant d'une personne à l'autre, modifiant ainsi sa contagiosité et sa gravité potentielle. Les autorités sanitaires ne baisseront pas la garde pendant au moins un an : c'est au cours de l'hiver 2009-2010 que cette épidémie pourrait avoir son plus fort impact dans les pays de l'hémisphère nord. D'ici là, les laboratoires pharmaceutiques auront probablement développé un vaccin adapté à la souche actuelle du virus. Si le virus A(H1N1) ne mute pas de manière importante entretemps (ce qui rendrait le vaccin moins efficace), une campagne de vaccination aurait la capacité de limiter la pandémie hivernale.

Le chikungunya

La première épidémie s'est produite en Tanzanie en 1952 et lui a valu son nom qui signifie « qui marche courbé en avant ». Depuis 2005, l'île de la Réunion est touchée de manière importante. Plus de 260 000 personnes ont été contaminées à ce jour avec quelques formes compliquées ayant pu conduire à des décès chez des personnes fragilisées. Cette maladie est due à un virus transmis par la piqûre de moustiques du genre Aedes. Au bout de quatre à sept jours, la personne contaminée souffre soudainement d'une forte fièvre accompagnée de maux de tête, de taches rouges sur la peau, ainsi que de douleurs musculaires et surtout articulaires touchant principalement le dos, les poignets, les chevilles et les phalanges. Il arrive également que l'infection passe inaperçue. Les personnes infectées sont alors immunisées pour le restant de leur vie.

La guérison de la maladie est généralement rapide et sans séquelle avec un traitement consistant à soulager les symptômes. Néanmoins, la convalescence peut durer plusieurs semaines et les douleurs articulaires devenir chroniques. Des complications graves (méningites) sont parfois observées, en particulier chez les nouveau-nés contaminés pendant la grossesse.

La dengue

La dengue est une infection virale en recrudescence dans les pays tropicaux. Le virus de la dengue est transmis par des moustiques du genre Aedes qui piquent plus volontiers au petit matin et au crépuscule.

Lorsqu'elle provoque des symptômes (ce qui n'est pas systématique), cette infection se traduit par l'apparition soudaine d'une forte fièvre accompagnée de fatigue, de maux de tête intenses, de douleurs articulaires et musculaires, de troubles digestifs et, plus tard, de rougeurs sur la peau. Dans la majorité des cas, il n'y a pas de complications et la guérison survient spontanément en une semaine environ, même si la fatigue et les courbatures peuvent persister plusieurs semaines. Des hémorragies parfois fatales peuvent être observées, en particulier chez les enfants ou lors d'une seconde infection. Ces complications concernent peu les voyageurs. Néanmoins, dans les pays où sévit la dengue, l'aspirine ne devrait jamais être utilisée pour soulager un épisode de fièvre : en cas de dengue hémorragique, ce médicament aggraverait l'état de santé du patient.

La fièvre du Nil

La fièvre du Nil (ou fièvre à virus West Nile) est due à un virus hébergé par les oiseaux mais transmis à l'homme et au cheval par la piqûre de moustiques du genre Culex. La plupart du temps, cette infection passe inaperçue. Lorsqu'elle provoque des symptômes, la maladie se présente sous la forme d'un syndrome grippal (forte fièvre, maux de tête et courbatures), souvent accompagné de maux de ventre, de nausées et de rougeurs de la peau. La plupart des malades guérissent spontanément et sans séquelle au bout d'une semaine. Néanmoins, des complications surviennent parfois (méningite, hépatite, etc.) qui peuvent être fatales, notamment chez les enfants et les personnes âgées.

La fièvre du Nil est largement répandue en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie, en Europe de l'Est, mais également en Europe méditerranéenne. Des cas de chevaux infectés sont régulièrement signalés dans le sud de la France (en Camargue et dans les Pyrénées-Orientales), ainsi qu'en Italie. Depuis 1999, cette infection est devenue plus fréquente aux États-Unis, en particulier au Texas et dans le New Jersey.